le petit projet graphique \ 2021-22

petit projet graphique 2
la destruction

thème de travail initié par Melvin

Questionnements :
Comment revaloriser le geste destructeur ? Le mal de la destruction peut-il découler sur quelque chose de positif ?

durée : 7h30 / dates : 30 septembre et 1er octobre 2020


Raphaelle & Savinien

Problème
La destruction brise une unicité et altère une nature d’origine. Elle laisse derrière elle un état que l’homme peine à accepter. Il tente alors toujours de combler ce vide, de réparer, cacher, reconstruire à l’identique, pour répondre à cette nécessité de tout vouloir contrôler, maîtriser. La destruction est perçue comme un défaut, une transformation qui transgresse la normalité. Pourtant, elle est inévitable, c’est une finalité causée par l’usure, la suppression, la dégradation, le temps, l’accident…
Manque d’acceptation de la destruction, de la disparition, besoin de combler ce vide.
Nécessité de reconstruire à l’identique, de cacher. La destruction perçue comme un défaut.
La destruction est inévitable et nous éprouvons une nécessité de tout contrôler, maîtriser.

Problématique
Peut-il y avoir un design ou un esthétique de la destruction ?

Recherche
Par le biais d’un relevé topographique et « archéologique » de traces issues de la destruction, il s’agit de mettre en exergue et d’éprouver une considération pour la perte, l’altération et l’imperfection. De mettre l’accent sur des petits détails imperceptibles, rendre la matière altérée précieuse et mystique, et de cesser l’éphémérité ou la progression du processus.
Mettre en valeurs, en exergue le résultat de la destruction, de la ruine.
Accepter la perte, l’altération, la dégradation, l’imperfection.

animation réalisée par raphaelle et savinien

Alice Salomé & Melvin

Problème
Dans notre expérience du numérique, nous sommes entourés d’éléments indésirables parfois difficiles à appréhender, donc à détruire (spams, photos anciennes, copies de documents…).

Problématique
Comment créer l’expérience de la destruction d’éléments numériques indésirables ?

Recherche
- Le but : à travers des supports d’atelier, sensibiliser les utilisateurs des technologies numériques à la présence d’éléments indésirables qu’ils oublient, ou ne pensent pas à supprimer.
En matérialisant les éléments numériques dans l’espace, l’usager pourrait faire l’expérience sensible de la destruction de ses fichiers indésirables, de l’effort à fournir pour trier les fichiers, juger de leur pertinence et de leur poids par le biais de formats imprimés. Les choix graphiques témoignent également de ce principe de destruction, de par la perte de données visuelles ainsi que le minimalisme assumé des « interfaces ».

- Les principes : notre recherche s’est tout d’abord axée sur les mails indésirables et autres spams que nous ne prenons pas la peine de supprimer. Notre support d’atelier portant sur cette problématique est composé de format imprimés dont la longueur varie. Le seul élément textuel reste une date, en haut du format, plus ou moins récente et devant alerter l’usager dans son « tri ». Celui-ci devra donc déplacer les formats, posés sur un table les uns sur les autres ou installés dans l’espace de façon à engager le corps, un déplacement actif pour aller fouiller dans les mails anciens. Les mails ainsi représentés se retrouvent parfois greffés de pièces jointes (formats noirs épinglés), plus ou moins encombrants et lourds. Le but étant de trier, prendre les formats et les « jeter », en les posant dans une pile symbolisant la corbeille.

En parallèle, nous avons travaillé sur un tas de « documents » de travail, empilés les uns sur les autres, dont les noms signifiants ou non indiquaient parfois la présence de multiples copies inutiles. Certains de ces documents étaient fixés sur un support au po

Enfin, conscients de l’accumulation de photos que nous ne regardons même plus dans nos téléphones, nous avons voulu représenter la destruction de notre intérêt pour celles-ci en utilisant une trame de pixel au point variable, rendant parfois les images illisibles. Certaines étaient notamment imprimées sur du calques, représentant ces images qui nous passe devant les yeux sans que nous nous en rendions compte.


Anaëlle & Sara

Problème
Un phénomène de destruction, même contrôlé, engendre des dégâts collatéraux ; ainsi on ne peut pas anticiper pleinement tout le processus de destruction.

Problématique
Comment le graphisme peut-il anticiper / contrôler la destruction ?

Recherche
Nous nous sommes questionnées sur les manières de contrôler la destruction. Afin de répondre à ce sujet, nous nous sommes concentrées sur la micro-destruction. Nous avons donc décidé de jouer avec l’altération de matières, de supports à travers le temps grâce à des processus plus ou moins lents. Dans ce projet, le processus d’altération prend le pas sur le résultat de destruction (l’avant, le pendant et l’après importent au même niveau). Ainsi, nous avons travaillé plus précisément sur la destruction créative et révélatrice au moyen d’un phénomène de mutation dégénérescente, soit amener la matière vers un changement, un dépouillement.

Nous avons contextualisé nos recherches en proposant une signalétique dégénérative pour le Jardin d’Agronomie Tropicale René-Dumont, situé au Bois de Vincennes. Celui-ci abrite de nombreuses ruines datant de l’époque coloniale dont seuls les chemins de promenades sont entretenus par les jardiniers.

Nous avons agi pour signalétique qui ne cesse d’évoluer et dont le signe se révèle grâce à l’altération du temps (temporalité et météorologie) et de la nature que l’on considère ici comme des outils pour appuyer les informations laissées par le designer. Ce moyen rend ainsi hommage aux ruines qui, dans un certain sens, ont été, certes abandonnées, mais aussi sublimées, figées par le temps.


Annette, Lena & Nelly

Problème
Détruire implique une perte de repères, jusqu’à quel point ?

Problématique
En quoi le processus de destruction peut questionner la limite du reconnaissable ?

Recherche
Nous nous sommes questionnés sur le processus de destruction, de quelle manière l’utiliser ? Quelle en est la limite, la frontière jusqu’au non-reconnaissable ? La démarche était donc expérimentale. Pour cela nous nous sommes imposées des procédés que l’on va appeler des règles de destruction : DÉCONSTRUIRE - DÉCOUPER - DÉFORMER.

Nous avons utilisé ces règles sur des affiches qui ont, par leurs codes, leur impact visuel, marquées une génération (MacDonald, Parfum, Heineken, Magnum…). > Nous avons joué avec leurs frontières du visible et du lisible, et avons pu observer de quelle manière les codes graphiques marquent notre inconscient collectif.

Les marques pas le biais des affiches sont devenues des géants de consommation, ils se sont ancrés dans notre culture au point que même déconstruites, elles restent pour un part reconnaissables.


Annette : les supports originaux

les supports originaux convoqués par annette

Annette : les recherches




Lena : les supports originaux

les supports originaux convoqués par lena

Lena : les recherches




Nelly : les supports originaux et les recherches



Questions retenues par Melvin

- S'il existe une esthétique de la destruction, comment celle-ci peut être utilisé dans un projet de conception ? Les formes relevées doivent-elles être prisent dans leur ensemble, ou individuellement ?
- La destruction possède-elle toujours le même registre de forme produite ? (Brut, saturé et abstrait)
- La destruction peut-elle être bénéfique ?
- Comment changer notre perception sur la destruction ? Un mal pour un bien ?
- Quelles sont les différentes méthodes de destruction ? Et quelles sont leurs rythmes d'action ?