le petit projet graphique \ 2024-25

petit projet graphique 9
prix cassé sur le chou frisé !

thème de travail initié par Solène

Questionnement :
Les marchés ne sont pas seulement des lieux d’échange commercial ; ils reflètent aussi un métissage social, culturel et historique visible dans leur contexte géographique. Ancrés dans la culture populaire, ils fonctionnent de manière autonome tant sur l’aspect commercial que sur leur communication : les marchands ont appris à produire par eux-mêmes pour répondre à leurs besoins.
Ce contexte de travail a soulevé une question pour le design graphique : comment un designer peut-il intervenir dans un espace qui semble simple relevant de l’ordinaire, mais qui révèle en réalité une richesse sociale, culturelle et / ou historique.

Problématique :
De quelle manière le designer graphique prendre sa place et intervenir dans un espace autonome et modulable (de part son caractère éphémère et sa disposition non officielle) pour en valoriser (par exemple) l’image, ou un aspect historique du lieu ?

Recherche :
Ce PPG est l’occasion de s’interroger sur des systèmes de communication ou sur une possible intervention poétique dégagée d'une forme de communication liés à cet espace du marché.
Quelle peut être la cible de cette communication ? Quels supports pourraient être les plus singuliers pour votre contexte d'intervention et votre cible ?

durée : 10h00 / dates : 31 janvier et 7 février 2025


Constance & Paul

Problème
Le marché est un espace foisonnant où il est facilement possible de se perdre. De plus, c’est un espace qui nécessite de savoir cuisiner, parmi les étals on retrouve majoritairement des produits bruts mais pas des plats près à être consommés.

Problématique
Comment insérer naturellement dans l’écosystème du marché, un support qui simplifie le parcours du consommateur non-habitué ?

Recherche
Nous avons opté pour un système de « recettes du moment » dans le but de proposer des plats simples à réaliser, en utilisant un maximum de quatre ingrédients provenant des différents producteurs du marché. Ce projet vise particulièrement les visiteurs peu familiers du marché, qui déambulent entre les étals sans savoir quoi acheter, mais il peut également intéresser les usagers qui souhaitent renouveler leurs habitudes de consommation.

Les recettes se présentent sous forme d’étiquettes, mettant en avant plusieurs stands du marché à travers les produits nécessaires à la recette.

Nous souhaitions que le support n’existe pas seul mais vienne se greffer à un produit existant, ici les emballages et sacs fournis par les producteurs lors de l’achat. Les recettes sont ainsi agrafées sur ces emballages au moment de l’achat, chez les commerçants partenaires. De plus, elles seront également disponibles en libre-service, par exemple à l’entrée du marché.

Plusieurs recettes circuleraient simultanément pendant un marché, afin de valoriser un maximum de stands et de producteurs.

Chaque étiquette-recette présente une illustration de chaque produit, avec le nom du producteur ou du stand associé. Les indications de préparation sont intégrées dans les recommandations des producteurs eux-mêmes, qui partagent leurs astuces pour cuisiner au mieux leurs produits.

Ces recettes seraient élaborées chaque semaine par les producteurs, en fonction de leurs productions. Cette initiative pourraient être organisée par un regroupement de producteurs du même marché, sous forme de coopérative ou d’association de producteurs.

Afin de simplifier la mise en place du dispositif, un template à remplir pour créer les étiquettes-recettes sera mis à disposition, accompagné d’une banque d’illustrations représentant les différents produits du marché. Pour des raisons économiques, les étiquettes seront imprimées en noir sur papier coloré, avec un format A4 coupé en deux et une couleur différente pour chaque recette. Le client pourra ainsi collectionner ces étiquettes au fil du temps.

Ce qui singularise le lieu du marché, ce sont ces échanges, cet aspect relationnel et convivial entre producteurs et consommateurs. L’objectif de ce projet était donc de mettre en avant cet aspect, d’encourager la mobilité au sein du marché, de mettre en lumière chaque stand et producteur, tout en offrant aux consommateurs des idées de menus variés.


Solenne & Solène

Problème
La place du·de la designer·euse graphique au sein d’un marché.

Problématique
Comment le·la designer·euse graphique peut-il proser une ré-interprétation du marché sous une forme poétique ?

Recherche
Pour ce projet, nous avons premièrement réfléchi à la place que pouvait avoir le·la designer·euse graphique au sein du marché dans un système qualifié d’automne par Solène, lors de la présentation de son petit projet graphique. Solène ayant travaillé sur le marché de Wazemmes, nous avons souhaité travailler à partir de celui-ci. Une des particularités de ce marché — que nous avons relevé — est qu’il est très grand, il s’étend tout autour des halles fermées. Ainsi, nous avons très rapidement penser à concevoir une carte afin d’orienteer les personnes souhaitant se rendre au marché de Wazemmes, que ce soit des touristes, car le marché est très touristique ou tout simple les habitants de Lille et de ces alentours.

En travaillant sur un système de cartographie, il était nécéssaire d’identifier les différentes zones du marché, nous avons recensé le coin primeurs, celui de l’alimentation sur le pouce ou encore le coin des fleuristes ou du vrac qui regroupe les vêtements, produits ménagers et autres.
Nous avons imaginé une carte expérimentale interactive qui serait sur disponible sur téléphone via un lien présent sur le site de la mairie de Lille ou des QrCode présents à l’intérieur des Halles de Wazemmes. En s’inspirant du système d’avis et de commentaires sur Internet tels que les avis Google. Cet outil, donnerait à chaque personne la possibilité de renseigner des informations concernant le prix d’un produit en indiquant sa position. Par exemple, un bouquet de menthe à 50 centimes dans le coin primeur. Ainsi, les personnes possédant la carte pourrait décider de se rendre à cette endroit et aurait simplement à suivre le tracé indiquer sur la carte qui les conduirait au marchant concerné.

Cette carte a pour objectif de déambuler et se perdre dans le marché, de le découvrir et de se promener, c’est pour cela, que la direction à suivre change régulièrement en fonction des informations renseignées par les usagers. Ainsi, nous avons choisi une esthétique quelque peu abstraite basée sur le principe de pixels afin de représenter le marché de Wazemmes. L’objectif n’étant pas de concevoir une carte strictement fidèle au marché. L’idée était de travailler une approche poétique de la cartographie.


La carte du marché de Wazemmes


Alice B & Éloïne

Problème
La majorité des consommateurs achètent des produits standardisés en supermarchés plutôt qu’au marché.

Problématique
Comment donner envie d’aller au marché ?

Recherche
Afin d’inciter les consommateurs à se rendre au marché, nous avons pour ce projet créé des supports de promotion dont le ton est amusant et humoristique. Constitués d’affiches et de dépliants, les supports permettent de partager des informations pratiques du marché de Wazemmes (horaires, adresse) tout en dévoilant des histoires amusantes sous forme de bandes-dessinées. Celles-ci mettent en scène des fruits et légumes « moches » anthropomorphiques qui nous racontent des faits cocasses sur leur vie. Le traitement des dessins à la craie rappelle les inscriptions de prix sur les ardoises faites par les marchands, ainsi que l’aspect convivial des marchés.


Camille, Emma & Perrine

Problème
Les marchands de marché, pourtant essentiels à son existence, sont souvent relégués au second plan et manquent de visibilité.

Problématique
Comment valoriser la présence des marchands et structurer l’espace du marché sans rigidifier son organisation ?

Recherche
Nous avons souhaité mettre en lumière les marchands en concevant un système de signalétique basé sur l’économie de moyens. À partir de matériaux de récupération (cageots, cagettes, planches de bois), nous avons imaginé des panneaux indiquant clairement le prénom des vendeurs, puis les produits qu’ils proposent. Ces panneaux, conçus par des designers graphiques et dessinateurs de lettres, seraient directement écrits à la main et accrochés dans une démarche spontanée. Un appariteur de la mairie assurerait leur installation et leur maintien à chaque marché.

En complément, des structures en palettes de bois situées à l’entrée du marché afficheraient le portrait des marchands, accompagnés de cartels partageant des anecdotes de leur quotidien. Ce dispositif flexible privilégie une installation modulable via des attaches simples (ficelles, scotch) sur les chapiteaux ou autres structures existantes. Les anecdotes permettent également d’humaniser notre regard sur les marchands.

Ce dispositif, pensé pour être accessible et adaptable, contribueraient à redynamiser le marché en mettant en avant celles et ceux qui lui donnent vie, tout en créant une expérience plus immersive et chaleureuse pour les visiteurs.


Anaëlle & Clara

Problème
Sans être habitué, il est parfois difficile de savoir où se rendre dans un marché et quoi chercher pour répondre à ses besoins. Actuellement, il n’y a pas concrètement de carte des marchés, car les emplacements des marchands changent selon les jours de la semaine.
Par conséquent, nous avons voulu travailler autour de la documentation de ces déplacements et de cette dimension modulable du marché. On a imaginé que le graphiste pourrait intervenir ici pour rendre visible les producteurs locaux et les soutenir.

Problématique
Comment le designer graphique peut intervenir pour donner envie de parcourir et de s’intéresser au marché ? De quelle manière peut-il rendre l’expérience du marché plus accessible en définissant des objectifs clairs à atteindre pour le client ?

Recherche
Nous avons décidé de développer une maquette Figma d’une application mobile, qui serait mise en place sous l’impulsion de la région Hauts-de-France.

En effet, on imagine que ce serait pour la région une façon de promouvoir ses marchés historiques et conserver son activité culturelle sur son territoire. L’objectif de l’application, intitulé Les Ch’tites recettes, serait d’inviter les habitués à découvrir de nouveaux producteurs, mais aussi d’amener les nouveaux arrivants à découvrir la diversité des stands sur le marché.

Afin de servir cette initiative, l'application cadrerait l’expérience du marché en guidant l’utilisateur, en lui proposant un parcours pour faire ses courses. Pour se faire, elle lui propose des repas en corrélation avec son budget, qui vont garnir son panier de courses. Pour chaque repas proposé, on détaille les ingrédients et les étapes nécessaires à la préparation des recettes.

C’est une manière de sensibiliser les clients à mieux manger, en les incitant à préparer par eux-même leurs repas en fonction des saisons. Pour indiquer l’importance donnée à la consommation de produits de saison, l’identité de l’application change selon la période de l’année. Cela se traduit visuellement par un changement de couleurs : vert pour le printemps, rouge pour l’été, marron pour l’automne et bleu pour l'hiver.

Cette application est donc régulièrement mise à jour, pour pouvoir proposer des recettes en lien avec les producteurs selon le jour de la semaine, mais aussi documenter leurs emplacements sur le marché. Néanmoins, nous sommes bien conscientes que ce concept est utopique, puisqu’il nécessiterait de redessiner des plans du marché, de repenser les recettes en fonction des marchands présents…

Afin de favoriser les marchés de proximité, l’application s’adapte à notre localisation en associant un marché de proximité à notre compte qui influencera directement les repas qui pourront être proposés. Sur le plan graphique, on a souhaité traduire cette idée de proximité, de fait chez soi, à travers la reprise de l’esthétique des anciens livres de recette de grand-mère des années 50. On retrouve alors le motif tartan, en fond, typique des nappes et des torchons, un ensemble typographique éclectique pour rappeler l’inspiration 50's.

L’application se complète d’un flyer, afin de s’adapter aussi à un public plus âgé ou non-habitué, qui pourrait se le procurer à l'Office du Tourisme de Lille. Ce serait un autre moyen de médiatiser le marché. Le support imprimé, limitant la possibilité de mise à jour et d’adaptation, ne proposera qu'un seul repas par semaine.


Les Ch’tites recettes



Questions retenues par Solène

- Par quel(s) biais peut-on humaniser l’image des marchands et renforcer le lien entre eux et les visiteurs sur le marché ?
- Dans quelle mesure, placer le marchand au centre du marché en intégrant des anecdotes personnelles peut transformer l’expérience du marché et améliorer l’engagement des visiteurs ?
- Dans quelle mesure la mise en avant de l’image des marchands peut permettre de renforcer l’identité locale et encourager l’engagement des visiteurs ?
- Comment l’utilisation de supports collaboratifs peut influencer positivement les comportements des consommateurs sur le marché ?
- En quoi une approche plus visuelle et narrative des supports de promotion sur le marché peut permettre d’encourager la consommation de marchandises spécifiques sur le marché ?