le petit projet graphique \ 2023-24

petit projet graphique 1
la culture libre dans le graphisme

thème de travail initié par Emma-Jade

Questionnement :
Je travaille sur les outils libres, en réfléchissant à l'autonomie du ou de la graphiste vis à vis de ses moyens de production et la façon dont les outils propriétaires participent, ou non, à une forme d'aliénation et de prolétarisation des designers graphiques.

Dans la culture hacker, omniprésente dans le milieu du libre, l'idée est de pouvoir étudier ses outils / programmes pour être capable de les comprendre, les adapter à ses usages et éventuellement redistribuer nos modifications. L'idée de pouvoir partager les outils comme des biens culturels communs, qui participent à l'avancée de l'humanité, s'oppose aussi au durcissement des DRM (cf. la page Wikipédia : Gestion des droits numériques) sur les logiciels propriétaires.

Pour ce PPG, vous réaliserez l'affiche d'une rencontre entre acteur·ice·s du libre dans le design graphique. Vous utiliserez des outils numériques sous licence libres pour mettre en forme le rédactionnel donné ci-après. J'attends de vous un positionnement formel qui questionnera le choix de vos outils et votre autonomie vis-à-vis de ceux-ci. Vous pourrez aussi vous positionner vis-à-vis de la pratique du design graphique et son inscription à la fois dans un système capitaliste et dans une industrie qui, peut-être, la conditionnent.

S'il y a de l'iconographie, elle sera forcément sous licence libre (ou dans le domaine publique), soit produite par vous même ou issue d'une bibliothèque libre telle que wikimédias.

durée : 9h00 / dates : 15 et 22 septembre 2023


Emma-Jade & Tess

Problème
Le choix de l'outil conditionne la forme, raison pour laquelle les graphistes-libristes défendent un positionnement expérimental et une volonté d'accepter l'inattendu formel.

Problématique
Comment rendre visible, et assumer, un certain conditionnement de la forme par le paradigme de création ?

Recherche
En changeant notre paradigme de travail (passage d'une interface WYSIWYG, seul, à un éditeur de code en collaboration simultanée), nous changeons notre approche de la composition. Nous avons travaillé en fixant nous-même des règles immuables de composition ou de typographie, grâce à une feuille de style CSS. D'autres règles, telles que celles régissant les choix colorimétriques ou la dimension des blocs de texte, ont été décidées par tirage au sort, nous faisant accepter (par choix) une certaine part d'imprévu. Le code source de l'affiche apparaît directement sur celle-ci, une interprétation littérale de l'idée de code ouvert. Licence CC-BY-SA-NC.

Le projet en ligne est consultable ici et son code source est disponible .


Inès & Axelle

Problème
La facilité de prise en main des logiciels d’Adobe conditionne la pratique du graphiste et engendre une diffusion rapide et exponentielle des visuels.

Problématique
En quoi un logiciel peut-il contraindre un processus de création et une certaine facture graphique ?

Recherche
Le parti-pris choisi était de limiter sa production graphique à un seul logiciel : Glyph Drawing Club. Celui-ci fonctionne en utilisant le principe d’un glyphe par case. La variété de styles permettait un plus grand panel de choix. Également, le logiciel propose une facture graphique différente de ce que nous avons l’habitude de produire.
Le but du processus était de représenter un designer avec de multiples bras, tel un couteau suisse qui se réapproprie ses outils. Le designer est en contact direct avec les outils (libres).


Jeanne & Corentin

Problème
La suite Adobe a le monopole sur la pratique graphique et contrôle la mise en page par son interface propriétaire.

Problématique
De quelles manières peut-on cohabiter et co-construire la mise en page de manière libre ?

Recherche
Pour ce ppg, nous avons découvert et travaillé sur deux logiciels libres : Blender et Inkscape, un logiciel 3D et un logiciel 2D. Nous avons travaillé séparément afin de combiner deux univers et de mixer les techniques. Nous voulions co-construire la mise en page de cette affiche afin d’atteindre avec des symboles issus de la mémoire collective (le nuage et la maison) un monde libre et utopique à l’esprit enfantin. L’affiche appelle à une cohabitation des outils libres.


Sarah & Samuel

Problème
Les outils libres sont à portée de main de l'utilisateur, cependant ce dernier n'y songe pas car ils restent méconnus pour le grand public.

Problématique
Comment peut-on communiquer sur la proximité de ces outils auprès d'un public qui ne les connaît pas  ?

Recherche
Nous avons souhaité produire une affiche pouvant s'insérer dans l'espace urbain. Pour ce projet, nous nous sommes basé sur un objet : la bibliothèque participative, lieu de déposition et d'emprunt libre de livres dans l'espace urbain. Nous l'avons détourné pour l'événement : désormais, il s'agit d'une bibliothèque de clés USB (rappelant le partage de données, les dossiers sont à portée de main). La réalisation de l'affiche s'est faite à l'aide de deux logiciels très différents dans la pratique, Blender et Glyph Drawing Club. Le premier permet de travailler et modéliser en trois dimensions, il a servi à créer la bibliothèque ainsi que les clés USB. Le second permet d'assembler des formes prédéfinies sur une grille bidimensionnelle, il a été utilisé pour le texte. L'association des deux plans traités d'abord séparément puis réunis donne cette affiche, presque un trompe-l'œil nous invitant à nous saisir des objets pour se les approprier.


Jean Baptiste & Romy

Problème
Les outils open source sont disponibles à toustes, mais difficiles à prendre en main.

Problématique
Comment se réapproprier ces outils pour leur donner un nouveau potentiel ?

Recherche
Nous avons manipulé des logiciels libres pour produire autre chose que ce à quoi ils sont originellement dédiés (LibreOffice writer pour créer l’iconographie, Squarish - iconographie modulaire - pour dessiner de la typographie…). L’idée était de se concentrer sur la capacité du designer graphique à faire preuve d’inventivité sur la gestion des logiciels, tout en se détachant des habitudes établies à la longue par l’utilisation de la suite Adobe. La forme finale se révèle être une affiche animée en html / css.

Le projet en ligne est consultable ici (privilégier le mode paysage sur smartphone)


Questions retenues par Emma-Jade

- Le choix de n'utiliser qu'un seul outil, libre ou non, est-il réaliste ?
- Qu'est-ce que les pratiques collaboratives apportent de plus à la production graphique ?
- Comment l'expérimentation, par la réappropriation des outils, de nouveaux procédés peut-elle être à l'origine de la forme ?
- Comment rendre compte de l'accessibilité des outils libres, qui sont à portée de main ?
- La confrontation à des outils et technologies encore inconnus réduit-elle réellement les ambitions esthétiques ?