le petit projet graphique \ 2023-24

petit projet graphique 6
le graphisme au service du public

thème de travail initié par Axelle

Questionnement :
Selon une étude de 2007 d’Arnaud Pêtre, chercheur en neuromarketing, un individu est exposé à 1 200 voire 2 200 publicités par jour (15 000 marques par jour si l’on considère les logos sur nos vêtements, les packagings dans nos placards, les placements produits dans les films…). À cette stimulation visuelle, s’ajoute à présent les contenus courts sur Internet (Tiktok ou réels Instagram) qui mettent à mal notre capacité de concentration.

Face à ce constat, l’association Résistance à l’Agression Publicitaire (RAP) envisage une collaboration avec des designers. Ils souhaitent créer des moments de pauses visuelles pour l’usager dans l’espace urbain. Un appel à projets est lancé et vous vous présentez pour y répondre. Le projet peut soit détourner le regard de la publicité ou bien chercher à la remplacer. Il s’agit ici de proposer un affichage dont le but est de servir le bien-être de l’usager.

La forme rendue peut prendre différentes formes : de la vidéo, de l’image, de l’édition dans l’espace public…
Pour le contenu, l’association laisse libre court à votre imagination. Il peut ne pas y en avoir, être issu d’œuvres, de contributions de citoyens ou propres à vous-même.

Au final, nous nous focaliserons sur l’histoire que vous racontez à travers cette pause et pourquoi vous le faites.


durée : 9h00 / dates : 17 et 24 novembre 2023


Jeanne & Romy

Problème
La surabondance des supports de communication dans l’espace urbain.

Problématique
Comment créer une pause visuelle dans l’espace urbain sans intervenir sur les supports déjà existants ?

Recherche
Nous voulions créer une vidéo à insérer entre deux ou trois publicités sur des écrans publicitaires pour inciter à une pause contemplative et sans visée commerciale.
Nous avons choisi le médium de la pâte à modeler pour sa malléabilité, ses couleurs vives et pour ses connotations liées aux pauses récréatives et à l’enfance. Selon nous, une vraie pause ne nécessite aucun effort et n’est soumise à aucun stresse, c’est pour cela que nous souhaitions investir seulement des formes animées, sans textes ni informations superflues. Dans cette logique, les formes mises en scène ont été créées d’après le geste que l’on applique aux balles anti-stress : comme elles, ces formes ont été pressées entre nos mains. Le mouvement des vidéos est également inspiré de ce geste répétitif, la boucle ainsi créée peut également inciter à ralentir sa respiration.






Corentin & Sarah

Problème
L’espace urbain est saturé d’images, de formes et de couleurs, principalement à cause de l’affichage publicitaire.

Problématique
Comment induire une pause visuelle en sachant s’adapter à son milieu, sans le détériorer ?

Recherche
Nous nous sommes questionnés quant à la typologie d’images capable d’induire une pause. Notre choix s’est arrêté sur des images de paysages, lieux contemplatifs dans lesquels il y a d’ailleurs beaucoup moins d’affichage publicitaire que dans les zones urbaines.

Nous avons choisi de graver ces paysages sur du Plexiglas qui est un matériau transparent. Il est alors capable de s’intégrer dans les espaces de la ville sans les détériorer. Cette transparence nous rappelait aussi les vitres des abris-bus, espaces que nous avons envisagé d’investir. Comme ce sont des endroits où l’on attends, nous voulions inciter les passants à s’arrêter et à regarder au travers du Plexiglas qui, ayant été gravé, modifie et perturbe l’image de l’environnement réel. La plaque existe alors de façon autonome mais elle peut aussi s’associer à une publicité, en remplaçant les vitres des arrêts de bus, et générer de nouvelles formes graphiques en perturbant celle-ci. La pause visuelle existe alors au niveau de l’incitation à la contemplation et la curiosité que nous souhaitons générer chez les passants, sans ajouter de nouvelles informations ni de messages à transmettre. Il s’agit de considérer l’espace public comme un lieu d’expression artistique.


Inès & Jean Baptiste

Problème
L'espace urbain est saturé d'informations et d'affichages publicitaires en tout genre.

Problématique
Comment proposer un affichage urbain qui permet aux passants de prendre la mesure de la quantité de publicités à laquelle ils sont confrontés chaque jour ?

Recherche
Nous avons pris le parti de jouer sur un message subtil plutôt que de faire une campagne d'affichage qui dénonce la publicité de manière frontale. En se concentrant sur le métro comme lieu d'affichage clé, trois pistes graphiques ont été développées pour contrer le brouillage visuel que nos habitudes de consommation provoquent. Pour ces trois axes de recherche, le visuel s'impose par rapport au texte qui demeure minimal et simplement préventif.

Axe 1 : On joue ici avec des dégradés de couleurs plutôt qu'avec des formes finies : de cette façon, l'affichage invite à l'imaginaire et à la contemplation. L'effet de papier pincé ajoute du volume et une certaine matérialité aux affichages originellement plus plats. Ces affiches seraient produites en impression lenticulaire afin de permettre une animation non numérique, encourageant le passant à marquer un temps d'arrêt.

Axe 2 : On investit dans cette proposition la notion de glitch, comme si une publicité avait été hackée et aurait progressivement été détruite. Cet affichage investit également l'impression lenticulaire, et ce pour les mêmes raisons que l'axe précédent.

Axe 3 : On fait le choix de prendre le symbole même de la surconsommation, le sac plastique, pour en faire des affiches plus ou moins abstraites. La dénonciation est subtile et s'incarne par des jeux de textures et de volumes.

Ces trois axes ont tous le même objectif : intriguer le passant en lui offrant une pause visuelle qui invite à la réflexion.


Axelle, Emma-Jade & Samuel

Problème
Les passants et passantes sont sans arrêt confrontés à un affichage commercial.

Problématiques
Comment détourner le regard des affichages publicitaires pour le réorienter vers des sujets locaux et humains ?

Recherche
Pour ce sujet, nous avons investi l'idée de la « pause » en nous positionnant sur d'une part une pause vis-à-vis de la publicité, en déplaçant le regard, et d'autre part une pause dans l'espace urbain, en faisant s'arrêter le ou la passant·e.

La campagne proposée par l'association consiste à afficher, dans l'espace public extérieur, des témoignages et récits d'habitant·es du quartier du Pile à Roubaix. L'échelle du quartier a été choisie pour proposer aux habitant·es un contenu proche d'elles et eux qui pourrait aussi permettre de tisser du lien entre les individus et ouvrir des dialogues.

Chaque saison, huit récits viendraient habiter les rues du quartier autour d'un thème différent. Ces récits seraient découpés sur plusieurs affiches, dont l'organisation dans le quartier encouragerait à la flânerie et à la ballade pour pouvoir les lire dans l'ordre. En plus d'un plan distribué aux locaux·ales dans leurs boîtes aux lettres, celui-ci serait aussi disponible à l'office du tourisme et dans la maison de quartier du Pile. Il contient, sur un plan grand format qui engage aussi le corps dans sa manipulation, les huits itinéraires pédestres de la saison ainsi qu'une présentation du projet, de ses acteur·ices et du calendrier du quartier pour les trois mois de la saison.

L'idée de tisser du lien, et d'avoir un fil rouge pour chaque ballade, est reprise dans l'identité graphique du projet qui tire ses formes des fils et des aiguilles. Nous avons aussi puisé dans la signalétique de la randonnée pour certains signes, bien que leur usage serait à repenser. Peut-être qu'ils pourraient servir, aussi, à guider le·a flâneur·euse dans sa ballade ?



Questions retenues par Axelle

- Comment favoriser la pause sans venir perturber les installations publicitaires ?
- En quoi la prise en compte de la respiration participe-t-elle à faire une pause ?
- Avec le design graphique, comment créer de nouvelles déambulations dans la ville ?
- Peut-on créer une pause en rajoutant une nouvelle couche d’information ?