le petit projet graphique \ 2022-23

petit projet graphique 4
le designer subjectif

thème de travail initié par Rémi

Questionnement :
Le designer est souvent considéré comme un exécutant, qui arrive au bout de la chaîne de production. Le but de ce projet était de donner une voix aux graphistes en les interrogeant sur leur propre discipline. Pour ce faire, j'ai décidé de leur faire répondre à l'appel à candidature du concours étudiant de l'affiche de Chaumont (en 2010), dont la question était Le Graphisme, qu'est-ce que c'est ?
Les questions, soumises pour ce ppg, sont celles-ci :
- Comment développer un point de vue critique au sein d'une commande ?
- De quels moyens dispose le designer graphique pour mettre en avant sa fonction critique ?
- Comment, au sein d'un système qui considère la plupart du temps le designer comme un exécutant, prendre des libertés dans la commande ?

durée : 9h00 / 8 et 15 novembre 2022


Canelle & Jehanne

Problème
À la réception d’une commande, le graphiste est chargé de transmettre en image le message de son client. Étant en arts appliqués, un graphiste n’est pas un artiste (en théorie) ; il crée des images « utilisables » au quotidien et non pour exprimer et partager sa sensibilité. Toutefois, cette approche divise : le graphiste peut-il laisser transparaître son avis quant à la réalisation d’une commande, sans pour autant renier la commande de départ 

La demande de Rémi était de se questionner sur cette thématique en prenant pour support le Festival international de l'affiche et du graphisme de Chaumont. Chaque année, cet événement propose aux étudiants de participer à un concours d’affiches en lien avec une thématique comme par exemple, en 2010, « Le graphisme, qu’est ce que c’est ? ».

Problématique
Dès lors, comment représenter en image une posture singulière tout en répondant à une commande ?

Recherche
Nous avons fait le constat que le métier de graphiste est actuellement une profession très polyvalente : photographie, typographie, composition, dessin, collage, techniques d’impression, rédaction… le graphiste paraît bon partout sans pour autant exceller dans un domaine en particulier (même s’il peut quelquefois avoir un attrait pour une ou deux techniques ; pensons aux graphistes-illustrateurs, aux graphistes-typographe, etc.).

Pour représenter cette polyvalence propre à l’exercice de graphiste, nous avons décidé de mêler sur un même visuel différentes techniques (photographie, typographie, dessin, pochoir, risographie). Ces différentes techniques ne s’assemblent pas tout à fait ensemble ; La superposition des différentes techniques peut être interprétée comme la maîtrise partielle de ces techniques. Si l'impression riso dépasse sur l’impression numérique, c’est que le graphiste est bon partout mais n’a le temps de se perfectionner nulle part.

Il nous semblait aussi important d’affirmer que le graphiste est chargé d’une mission principale : faire comprendre le message destiné à sa cible. Nous avons alors décidé de nous éloigner de toute forme de visuel trop abstrait susceptible d’endommager sa réception.

Pour tenter de présenter clairement notre message (la [trop ?] grande diversité de domaines d’intervention du graphiste), le visuel placé au centre de l’affiche est une pelote de laine aux fils entremêlés. Si l’affiche est tissée, c’est pour insister sur la notion d'entrecroisement des disciplines et tenter de faire visuellement comprendre au maximum le message à son récepteur.


Adèle & Jeanne

Problème
L’émergence de technologies telles que les intelligences artificielles modifient et influencent notre pratique graphique.

Problématique
Quelle serait la place du graphiste au sein du processus de création avec l’apparition de nouveaux outils tels que les IA, capables de produire des visuels graphiquement très convaincants ?

Recherche
Nous avons généré, à l’aide de DALL·E 2 (programme d’intelligence artificielle), de multiples visuels graphiques à partir de phrases et de mots clés tels que : - Affiche pour le festival d’affiches de Chaumont
- Design graphique
- Affiche de design graphique
- Typographie
- Affiche pour la ville de Chaumont
- Affiche pour un concours de design graphique
- Festival du design graphique de Chaumont
- Affiche transgressive pour le festival graphique de Chaumont

Les intelligences artificielles nous permettent même de créer des visuels en s’inspirant du style graphique de graphistes reconnus (avec des résultats plus ou moins satisfaisants).
Exemple : affiche pour le festival d’affiches de Chaumont dans le style du studio Helmo.

Chaque visuel créé peut régénérer d’autres visuels. Nous pouvons donc engendrer des productions à l’infini.
Rassurons-nous, les IA ne sont pas encore capables de produire des affiches comprenant de l’iconographie et de la typographie (elles ne gèrent pas encore, par exemple, la création de textes). En conclusion, nous ne considérons pas les IA comme une menace pour les graphistes mais plus comme un outil lui permettant d’enrichir son travail.

affiche réalisée via une intelligence artificielle

Camille & Marilou

Problème
Le graphisme n’est pas utilisé pour le bien public mais plutôt pour l’économie.

Problématique
Comment le graphiste peut-il avoir pleinement conscience des enjeux citoyens et donc de l'importance de son sujet ?

Recherche
Pour ce projet, nous sommes parti de l’idéologie que nous avons du graphisme. Pour nous, le graphiste peut répondre à un besoin de la société plutôt que de valoriser l’économie. À travers les trois affiches que nous avons imaginés, nous avons mis l’accent sur la manipulation du marketing, notamment des grandes marques, pour vendre des produits qui ne sont pas nécessairement sain. Cependant, comme ils sont visuellement très attrayants, les gens semblent convaincu de passer à l’achat.


Hugo & Rémi

Problème
Nous avons constaté que la plupart des concours, et par extension les appels d’offre en design graphique, se font souvent sur la base du bénévolat, c’est à dire gratuitement. Nous tenions à exprimer notre opposition à cet état de fait, car il déprécie la valeur du graphisme et ne participe pas à la reconnaissance du métier.

Problématique
omment mettre en valeur les problèmes inhérents au format d'un concours de création graphique ?

Recherche
Nous avons développé deux propositions, qui mettent toutes deux en avant le fait que le designer qui répond à un appel d'offre de la sorte n'est pas rémunéré pour son travail.

La première proposition (présentée ci-dessous) visait à découper l'affiche en différentes sections. En divisant spatialement, et donc de manière concrète, la surface que nous devions investir et en attribuant à chaque division le prix de 0 €, nous avons mis en avant le fait que malgré le travail effectué et les compétences mobilisées, notre effort n'était pas récompensé.

La seconde solution (présentée ci-dessous) visait à mettre en lumière des affiches iconiques du festival tout en précisant qu'elles avaient été conçues ou données gratuitement au festival. Ce projet vise à rappeler que le travail de graphiste est un travail comme les autres, qui mérite salaire.

Nos propositions ont toutes deux un aspect effronté car à un concours prestigieux, nous avons répondu par un traitement minimal et une qualité approximative, afin de montrer de façon visuelle notre refus d'adhérer à une demande de la sorte.


LouiseB & LouiseI

Problème
La participation à un concours de graphisme nécessite la production de formes innovantes. Dans cet aspect compétitif, le graphiste doit se démarquer en proposant de nouvelles formes graphiques « jamais vues auparavant ».

Problématique
Le graphiste peut-il réellement se montrer innovant dans un monde où tout artiste / designer cherche à l’être, ou est-il juste condamné à s’inspirer continuellement d’autres de manière volontaire ou non, afin de constituer de nouvelles formes ?

Recherche
Notre réflexion autour de cette création d’affiche s’instaure de manière caricaturale, en reprenant des œuvres déjà créées, plus ou moins connues, afin d’en recréer de nouvelles.
Nous avons produit trois affiches reprenant ce principe, mais s’ancrant dans différents contextes.

Dans un premier temps, les formes utilisées reprennent les principes de trois designers / studio (Neville Brody, le studio Grapus, et Josef Müller-Brockmann) que nous autres, étudiants en design graphique, avons dans notre bagage référentiel. Ainsi, les principes propres à chacun de ces designers sont remaniés afin de créer une nouvelle affiche entremêlant les styles.

La deuxième affiche reprend les affiches des précédents lauréats du Concours d’affiche des professionnels chaumontais. Nous nous sommes inspirées de deux affiches de studio reconnues dans le domaine (DeValence, Raphaël Vonaesch et Marlis Zimmermann).

La troisième affiche, quant à elle, reprend les principes graphiques des lauréats du concours d’affiche étudiant de Chaumont, de l’édition 2019.

Ce travail nous a permis de poser plusieurs questionnements :
- Quelle est la limite / frontière entre copie et inspiration ?
- Peut-on réellement être innovant sans se laisser influencer ?


Léa & Romane

Problème
Le graphiste est contraint de répondre à la commande du client en (peut-être) s’effaçant. Il n’a pas de place pour laisser paraître ses propres points de vue sur les sujets abordés.

Problématiques
En tant que designer graphique, comment porter un regard critique sur sa discipline en prolongeant la thématique du concours étudiants 2010 du 21e  Festival international de l’affiche et du graphisme de Chaumont dont la thématique était : « Le graphisme, qu’est ce que c’est ? » ? Le graphisme peut-il être critique tout en répondant à une commande ?

Recherche
Nous avons voulu montrer au grand public, et questionner, le temps passé par un graphiste pour réaliser des affiches. Certaines personnes qui n’ont que le résultat final devant les yeux ne se rendent pas forcément compte des heures de travail acharné passées par le graphiste. D’ailleurs on connaît tous l'expression « les graphistes ne comptent pas leurs heures ».
Par un système d’énumération et d’ajout, à l’image des tickets de caisse, nous avons listé et additionné les différentes étapes rencontrées lors de la prise de contact avec le client jusqu’au paiement en passant par la phase création / production.

Le résultat assez imposant laisse la place au spectateur de l’interpréter et de le questionner. Pour amplifier ce résultat, à l’aide d’un QR Code, le spectateur enclenche un compte à rebours lui permettant de se rendre réellement compte du temps qui s’écoule. Nous avons opté pour une position engagée mais discrète, laissant une part importante d’interprétation au spectateur. C’est pour cela que malgré le résultat final d’heures cumulées très élevé, un astérisque nous indique que cette affiche n’a été réalisée qu’en sept heures.



Questions retenues par Rémi

- Est-ce que le graphiste est un couteau-suisse ?
- De quelle manière les outils du graphiste le conditionnent-ils ?
- Le graphiste doit-il s'effacer derrière sa production ?
- Comment susciter la proactivité du récepteur ?
- st-ce le fond ou la forme qui prime ? - Qu'est-ce qui définit un bon ou un mauvais graphisme ?
- Est-ce que le graphiste peut être innovant ?
- Dans quelle mesure l'emprunt constitue-t-il une usurpation ?
- Où placer son énergie en tant que graphiste ?
- Comment choisir entre le beau et le fonctionnel ?
- Quel intérêt pour le graphisme ?
- De quelle manière utiliser le savoir-faire du graphiste de manière positive pour l'éducation ?