le petit projet graphique \ 2025-26

ppg sept
mode d’emploi et de contre-emploi

thème de travail initié par Timéo


Contexte
Dans le cadre de ma recherche de macro-projet, j’explore les notions de normes et de déviations. Les productions de patients atteints de schizophrénie témoignent de la création de nouvelles normes pour survivre (un « écart vital »), l’intelligence artificielle générative se dresse à son tour comme une contrainte contre laquelle le graphiste doit aussi réaliser cet écart vital. L’IA est la norme statistique absolue, elle répond à la réponse la plus probable et la plus attendue, en lissant les résultats et en gommant les aspérités. C’est une « boîte noire » qui ne révèle pas son fonctionnement. Partant du prompt pour donner un résultat, en mettant de côté toute démarche d’expérimentation, de processus et d’erreur.

Face à cette automatisation et cette standardisation de la pensée et de la forme, le designer graphique risque de perdre ce qui fait sa singularité⁥: le geste, l'accident, la friction, l'humain.

Problème
L'utilisation passive de ces outils tend à uniformiser la production visuelle et textuelle, transformant le designer en simple opérateur qui valide des propositions algorithmiques.

Problématique
Comment établir un guide de « bon usage » de l'IA qui permette non pas de se soumettre à l'outil, mais de le comprendre, de le maîtriser voire même de le hacker, le détourner ou de le contraindre pour générer de la friction et de la singularité graphique ?

Consignes
Il vous est demandé d'expérimenter avec divers outils d'IA (textuels, visuels ou autres) pour en comprendre les limites et les biais.

Vous réaliserez ensuite un Guide critique de la génération par intelligence artificielle. Ce guide (dont la forme est libre) devra répondre à une intention précise⁥:

Votre production pourra ou non montrer des exemples concrets issus de vos expérimentations (prompts vs résultats). Vous êtes libres d'utiliser des modèles propriétaires internationaux ou des modèles open source⁥/⁥français.

Références d’outils
Modèles permettant gratuitement (ou relativement gratuitement) la génération d’images et de vidéos⁥:

LLM (Large Language Model, pour générer du texte)⁥:


durée : 10h00 / dates : 12 et 19 décembre 2025


Julia & Timéo

Problème
L'intelligence artificielle générative aujourd'hui est difficilement utilisable de manière dite  éthique , en raison de bases de données volant des créateurs de contenus visuels et textuels. Il est impossible de savoir, sur des modèles avec de larges bases de données, d'où provient chaque élément et si l'accord de leur créateur a été obtenu pour entrer dans la base de données. En raison de cela, les créateurs comme les designers graphiques ne peuvent pas forcément empêcher que leurs créations soient utilisées au sein d'une IA. De plus, les grands modèles d'intelligences artificielles cachent aux utilisateurs leur fonctionnement, ce qui, bien que rendant l'IA plus facile à utiliser, empêche de la comprendre en profondeur.

Problématique
Comment apporter à des designers une meilleure compréhension de l'intelligence artificielle, en se focalisant sur la protection des créations et la création d'un modèle d'intelligence artificielle contrôlée ?

Recherche
Nous avons créé une série de deux documents .pdf à visée pédagogique sur les intelligences artificielles.
- Le premier document se focalise sur deux aspects de la protection des créations face aux IA, les robots dit  scrapers  et un outil utilisant une forme d'intelligence générative pour créer une potentielle protection d'une image.
- Le second document explique comment installer un modèle d'intelligence artificielle en local sur son ordinateur, et explique à quoi correspond un LoRA (Low-Rank Adaptation), une IA avec une base de donnée condensée, possiblement basée sur des images libres de droit. Le modèle d'IA utilisé, ici, est Flux1 (open source).
L'objectif étant de s'approprier l'outil, le comprendre et le modifier à sa guise pour une génération plus éthique et plus écologique.


Mathilde & Marie L.

Idée directrice
Ce projet de design graphique s’intéresse à la manière dont les intelligences artificielles sont utilisées dans les outils de création, et aux erreurs que cela peut provoquer quand les consignes sont mal formulées. L’idée est de créer un guide de bon usage de l’intelligence artificielle, basé sur des situations concrètes où celle-ci comprend mal les demandes humaines, notamment lorsqu’elles sont floues, ambiguës ou formulées avec un langage non professionnel.

Objectifs
- Montrer que l’intelligence artificielle a besoin de consignes très précises pour fonctionner correctement.
- Mettre en évidence les décalages entre ce que l’on veut dire et ce que l’intelligence artificielle  comprend  réellement.
- Sensibiliser les utilisateurs, surtout les non-spécialistes, aux limites actuelles des IA de création graphique.
- Questionner l’idée selon laquelle l’intelligence artificielle serait capable de remplacer la compréhension humaine.
- Proposer un outil simple et pédagogique pour mieux utiliser ces technologies.

Approche plastique et fonctionnelle
Le projet repose sur des tests réalisés avec Firefly, l’IA intégrée à Photoshop. On a utilisé des prompts volontairement vagues ou mal formulés, inspirés de demandes de clients qui ne maîtrisent pas le vocabulaire du graphisme. Ces consignes ont été appliquées à une affiche existante, ce qui a produit des images souvent absurdes ou incohérentes.
Chaque image est présentée avec le prompt utilisé, afin de montrer clairement le lien entre la demande et le résultat. Cette confrontation permet de comprendre où et pourquoi l’intelligence artificielle se trompe. Le projet intègre aussi une réflexion menée avec une IA, à qui l’on a demandé ce qu’elle ne pouvait pas comprendre, comme le contexte, les sous-entendus ou les mélanges de langues.

Forme finale
Le projet prend la forme d’une série d’affiches, chacune accompagnée de son prompt, mettant en avant les erreurs de compréhension de l’intelligence artificielle, et l'absurdité des résultats. Il se prolonge par un guide de bon usage de celle-ci qui explique ce qu’il vaut mieux éviter de faire et montre visuellement ce que cela peut produire. L’ensemble propose un regard critique mais accessible sur l’IA, en rappelant qu’il s’agit d’un outil puissant, mais limité, qui demande du recul et une utilisation consciente.


Katell & Paula

Problème
L'arrivée de l'intelligence artificielle et son utilisation.

Problématique
Comment parler au plus grand nombre des aspects négatifs et positifs de l'utilisation de l'intelligence articielle ?

Recherche
En commençants à expérimenter et en créant avec I'IA, nous nous sommes aperçus (pour la génération d'images) que celle-ci s'inspirait d'œuvres d'art, sans pour autant lui demander des images en rapport. Nous avons donc décidé de poursuivre notre travail avec des œuvres.

Nous avons imaginé des protocoles d'utilisations de l'IA :

Protocole n°1

Protocole n°2

Protocole n°3

Protocole n°4

Avec ce dernier protocole, nous proposons un triptyque de flyer, l'un réalisé avec des IA, une autre mi-humaine mi-IA et la dernière 100% humaine, du choix de l'image à la mise en page, en passant par l'écriture du texte. Au premier abord, nous pouvons penser que nos flyers ne parles pas d'intelligence artificielle pour intriguer le lecteur, puis quand nous la déplions, le texte nous informe des aspects positifs comme négatifs de l'utilisation de l'intelligence artificielle. L'idée était de produire un document expérimental et informatif pour différencier l'utilisation artificielle de celle humaine.


Marie A., Pauline & Luca

Engagement
Pour répondre à la problématique posée par Timéo, nous avons souhaité nous emparer d’une approche plus pédagogique afin de comparer et comprendre les différents outils d’intelligence artificielle utilisables gratuitement les plus connus du grand public. L’idée était à la fois d’explorer des outils que nous n’avons pas l’habitude d’utiliser, mais aussi de réaliser les caractéristiques et spécialités de chacune et d’essayer d’évaluer l’éthique de ces plateformes et du contenu qu’elles transmettent.

Notre enquête est notamment passée par un échange avec la section chat de ces différents sites internets (Gemini, Mistral, Claude, Chat GPT, Euria…) afin de leur poser une même série de questions avec des comptes dénués d’historique qui pourrait influencer les réponses :

L’ensemble de ces réponses a par la suite été retranscrit sous la forme d’une maquette de site Internet qui permettrait de comparer les caractéristiques des outils d’IA et de trouver celui qui correspondrait le mieux à l’utilisateur. À terme, on imagine que l’utilisateur·ice serait invité·e à répondre à un questionnaire afin d’être dirigé·e vers l’outil d’IA le plus adapté à ses besoins ou à sa demande.
En plus de ce quizz, les informations récoltées lors de notre recherche sont retranscrites sous forme de fiches caractéristiques qui permettent de naviguer d'un outil à l’autre facilement et de retrouver  l’interview  réalisée en amont.

Ce travail nous a permis de mettre en lumière la limite de notre perception et de la considération que nous portons à ces outils : présentés comme des robots auxquels on peut parler sous forme de chat en instantané, ils sont facilement humanisés. La question éthique (tant morale qu’écologique) se pose donc d’autant plus dans son rapport avec l’utilisateur·ice, qu’il est important d’informer sur les outils qu’iel emploie.

Consulter le prototype figma du site Internet




Questions retenues par Timéo

- Que révèle l'écart sémantique entre le prompt et la réponse visuelle ? Cet écart est-il une erreur ou un espace de création ?
- L'IA est-elle capable de saisir le second degré, l'ironie ou le contexte culturel, ou est-elle condamnée à une interprétation littérale et  plate  du monde ?
- Peut-on utiliser les  hallucinations  et les erreurs d'interprétation de l'IA pour générer une nouvelle forme de singularité graphique ?
- Quelle IA est la plus convaincante et pourquoi ? Est-ce celle qui imite le mieux le réel, ou celle qui nous surprend par une fausse créativité ?
- Sur quelles données ces modèles ont-ils été entraînés ? Pouvons-nous utiliser ces outils proprement sans valider l'exploitation massive de données sous droits d'auteur ?
- Faut-il chercher à humaniser la machine (lui donner une personnalité, une fausse conscience) ou au contraire la remettre à sa place d'outil brut et maîtrisable ?
- Comment le designer peut-il prendre la main sur cette technologie pour diriger intentionnellement la génération (et donc dans une certaine mesure, l'humaniser) ?